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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg: Actualités: Actualités

REPRÉSENTATION PERMANENTE DE LA FINLANDE
AUPRÈS DU CONSEIL DE L'EUROPE, Strasbourg


Représentation permanente de la Finlande
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Actualités, 29/06/2006

La Finlande chargé de la Présidence de l'UE

La Présidence du Conseil de l’Union européenne change tous les six mois. La Finlande est chargé de la Présidence pendant la deuxième partie de l'année 2006, alors du juillet au décembre. Pour savoir plus sur le programme et les événements de la précidence, vous etes cordialement invité à consulter le website de la présidence www.eu2006.fi

Déclaration faite le 21 juin 2006 par le Premier ministre Matti Vanhanen devant le Parlement finlandais dans la perspective de la Présidence finlandaise de l’Union européenne

Monsieur le Président du Parlement, Mesdames et Messieurs les Députés,

La Présidence finlandaise de l’Union européenne commencera dans dix jours. Nous nous sommes préparés à cette Présidence avec soin et sommes prêts à relever ce défi intéressant. Dans l’Union européenne, la Présidence est une mission difficile, mais en même temps un grand honneur et un privilège que la Finlande accueillera volontiers.

L’Union européenne est aujourd’hui totalement différente de cette union à laquelle la Finlande a adhéré il y plus de dix ans et dont nous avons assuré la Présidence il y a sept ans. L’élargissement de l’Union de 15 Etats membres en une communauté de 25 Etats a naturellement changé sa dynamique. En substance, le climat a changé d’un communautarisme insistant sur la coopération et la solidarité dans la voie d’une union privilégiant l’action intergouvernementale. L’Union n’a plus de noyau unique, et les coalitions y varient selon les cas et au gré des circonstances. La capacité du processus décisionnel de l’Union a laissé à désirer et les citoyens sont, en effet, de plus en plus critiques envers ce système. On parle d’une crise de l’Union, certains disent la pire de toute son histoire.

Ma vision personnelle est nettement plus positive et je crois qu’il est tout à fait possible de surmonter les problèmes rencontrés actuellement par l’Union. Un exemple en est le compromis sur les perspectives financières auquel nous sommes parvenus en décembre. La directive sur les services est sur le point d’aboutir, bien que certains aient été pessimistes à son sujet. L’Union est capable de prendre des décisions importantes, mais le processus décisionnel devrait être plus rapide et plus déterminé et il faudrait plus de volonté politique. J’ose promettre que la Finlande s’appliquera sérieusement à ces questions pendant sa Présidence.

Pendant sa Présidence, la Finlande aura véritablement la possibilité de se concentrer sur le renforcement de l’action de l’Union, car loin de partir d‘une situation où il nous faut régler coûte que coûte les dossiers qui ont pris du retard, nous pouvons au contraire concentrer notre effort sur des questions d’une importance vitale pour l’avenir de l’Europe à long terme. Il est aussi grand temps de réfléchir à l’Union que nous voudrons dans dix, voire vingt ans – et comment y parvenir.

Le monde qui entoure l’UE progresse à vive allure, il n’attend pas et il ne nous laissera pas égaliser le handicap si nous autres dans l’Union avons peur des changements. Le monde n’attend pas non plus que nous les Européens trouvions le temps de mettre de l’ordre dans nos règles de décision. Au contraire, la cadence des changements au niveau mondial ne fait que s’accélérer et si nous n’y prenons garde, nous risquons d’accuser un retard de plus en plus profond. Ce serait avant tout catastrophique pour l’avenir de nos enfants, des générations à venir. Pour leur bien, il est indispensable que l’Europe tourne son regard vers l’extérieur, rejoigne le reste du monde et assume les changements que cela implique.

La Finlande a pour objectif d’amener l’Union à regarder vers l’avenir et à participer au changement du monde – de préférence au premier rang, à la tête du développement. Une Union confiante et décidée serait tout à fait capable d’occuper cette place à l’avenir. La Finlande a pour objectif une Nouvelle Europe qui ne serait pas divisée en anciens ou nouveaux Etats membres, mais qui serait forte d’une autre façon en termes économiques, de relations extérieures et de sécurité.

Monsieur le Président,

L’Union européenne est une communauté de valeurs qui existe pour le bien des individus. C’est pourquoi son fonctionnement doit puiser son autorité dans les populations, en d’autres termes il doit être légitime. Actuellement, le problème même de l’Union est que sa légitimité a connu une nette dépréciation aux yeux de ses citoyens qui ne voient plus en quoi l’Union leur serait utile.

Autre problème majeur de l’Union : son efficacité qui laisse parfois à désirer, notamment la difficulté de son processus décisionnel. En résumé, on peut dire que les problèmes essentiels de l’Union résident précisément dans sa faible légitimité et son inefficacité décisionnelle, ce qui conduit à un manque de résultats visibles et sensibles. Pendant sa Présidence, la Finlande s’efforcera d’agir sur ces deux points problématiques.

A mon sens, nous devons nous atteler à ces problèmes parallèlement, car ils ont fini par former avec le temps une sorte de cercle vicieux qu’il nous faut à présent briser.

Pour simplifier, ce cercle vicieux pourrait être décrit comme suit : les citoyens ne jugent pas l’Union nécessaire parce qu’ils estiment qu’elle ne génère pas de résultats utiles pour leur vie, d’où la faible popularité de l’Union, sa baisse de sa légitimité et les demandes redoublées pour que les gouvernements nationaux défendent à Bruxelles plus fermement les intérêts de leur propre pays.

Dans ces conditions, les dirigeants des Etats membres n’ont pas été désireux de prendre des initiatives suffisamment courageuses pour l’avenir de l’Union, parce que cela impliquerait des compromis jurant avec les positions nationales. Le manque d’initiatives courageuses conduit à une incapacité de l’Union à générer des résultats et à une situation où les citoyens ne voient pas, par voie de conséquence, en quoi l’Union peut apporter quelque chose de concret dans leur existence.

La description du cercle vicieux que je viens de donner n’est pas une image fidèle de la situation actuelle, mais plutôt une grossière simplification de la réalité. Je suis parfaitement conscient du fait que les citoyens craignent, avant tout, la concurrence mondiale et que plusieurs des problèmes actuels de l’Union sont à rechercher dans ce phénomène. Mais ma description a voulu montrer qu’il nous faut résoudre simultanément plusieurs problèmes partiellement interconnectés. Je considère que pour briser ce cercle vicieux, le mieux serait d’arriver à rendre plus efficace les mécanismes de fonctionnement de l’Union. Ceci est parfaitement possible sur la base des traités actuels, et si suffisamment de volonté politique il y a, il ne sera pas nécessaire d’attendre un nouveau traité constitutionnel. Lorsque l’Union devenue plus efficiente produira des résultats, sa légitimité s’en trouvera améliorée et, par là même, les conditions nécessaires à un retour à l’examen de la réforme constitutionnelle restée en suspens.

L’Union trouve sa justification fondamentale, sa raison d’être, dans la préservation de la paix, de la stabilité et du bien-être en Europe. Ceci peut sonner comme un cliché, mais il me faut le dire une fois de plus, parce que cette question si essentielle n’a rien perdu de son actualité. La visite que j’ai effectuée en Croatie il y a quelques semaines me l’a bien rappelé. Là-bas, la guerre est encore toute fraîche dans les mémoires et les gens déclarent carrément qu’ils veulent entrer dans l’Union pour être sûrs que ni eux ni leurs enfants n’auront plus jamais à subir les épreuves de la guerre. Dans les Balkans occidentaux, le désir de paix et de stabilité n'est pas un cliché et n’a rien de déshonorant. La stabilité des Balkans occidentaux passe par l’Europe.

Le paradoxe est que la paix et la stabilité sont perçues comme des évidences et il s’ensuit qu'on n'accorde pas d’importance la mission de celui qui en est le garant. C’est pourquoi l’Union doit être en mesure de prouver par d’autres moyens son utilité à ces citoyens.

C’est par un travail législatif efficace et une gestion aussi efficace de ses autres missions ordinaires que l’Union prouvera son utilité. C’est ce que nous pouvons et devons même faire dès à présent sur la base des traités actuellement en vigueur. L’Europe ne peut se permettre d’attendre de savoir le sort qui sera réservé au traité constitutionnel. Elle doit, au contraire, prendre sans attendre les mesures pour fonctionner plus efficacement. L’Union doit prouver qu’elle est capable d’œuvrer pour l’avenir des individus et faire autre chose que de se quereller sur des questions institutionnelles.

L’UE doit se concentrer sur l’essentiel et le faire avec efficacité. Ceci signifie une action produisant de la valeur ajoutée par rapport à ce que serait l’action des Etats membres agissant séparément.

L’Union ne doit pas s’ingérer dans les domaines faisant l’objet de décisions relèvant, en vertu du principe de subsidiarité, de la compétence des Etats membres ou des régions. Les Etats membres doivent par ailleurs défendre solidairement, auprès de leurs populations respectives, les décisions prises communément et ne pas faire de l’Union un bouc émissaire.

Monsieur le Président,

Le gouvernement a eu l’occasion de présenter à plusieurs reprises, pendant les phases préparatoires, au Parlement finlandais les projets et les grandes lignes de la Présidence finlandaise. Le programme annuel mis au point en collaboration avec l’Autriche et publié en décembre dernier, fixe le cadre d’action de notre Présidence. Les priorités politiques générales du gouvernement finlandais ont été précisées dans le document présenté au Parlement finlandais le 2 septembre 2005 dans la perspective de la prochaine Présidence finlandaise. Le détail par secteur des différents programmes figure dans l'agenda de la Présidence mis plusieurs fois à jour. Sa dernière mouture a été présentée au Parlement le 24 mai dernier.

Ce dernier agenda détaillé et portant sur tous les secteurs est toujours valide. Loin de tenter, ici, d’examiner tout ce qui peut relever des différents domaines de l’Union, je me concentrerai plutôt sur quelques priorités particulièrement importante. Si tel ou tel domaine ou dossier spécifique sont ignorés ici, cela ne signifie nullement qu’ils seraient de moindre importance ni que le maximum d’attention ne leur serait accordé. Tout au contraire, le gouvernement considère que toutes les questions inscrites à l’ordre du jour de l’Union doivent être bien gérées, avec autant d’énergie que d’efficacité.

Nous nous sommes préparés à gérer ces dossiers en étroite collaboration avec l’Autriche et, pendant notre Présidence, nous continuerons aussi ce travail en étroite collaboration avec l’Allemagne. Ce genre de collaboration est indispensable pour assurer que le déroulement efficace de l’examen des affaires, l’essentiel étant que les questions soient bien gérées, plutôt que de tenter de gagner des points en voulant coûte que coûte faire aboutir quelque question pendant notre Présidence. L’Autriche a préparé des dossiers qui seront menés à bien pendant notre Présidence et nous effectuerons nous-même un travail de base qui servira aux présidences suivantes.

La collaboration étroite que je viens de mentionner avec les présidences précédente et suivante de l’Union au nom de la continuité, n’est pas incompatible avec le fait d’avoir, en notre qualité de pays président, des priorités que nous avons à cœur et sur lesquelles nous entendons porter un effort particulier. Nous exposons ouvertement nos priorités et ces deux approches se veulent complémentaires.

Monsieur le Président,

Dans ce discours, les priorités fixées par la Finlande ne sont pas classées dans un ordre d’importance, mais qui se veut à mon sens logique.

Notre première priorité est d’ordre général, elle concerne l’avenir de l’Union, qu’il s’agisse du sort du traité constitutionnel ou du débat sur l’élargissement. Vendredi dernier, le Conseil européen a décidé, en conformité avec les objectifs de la Finlande, que pour ce qui est du traité constitutionnel, on passerait de la phase de pure réflexion à l’obtention de résultats concrets et à la mise en œuvre des projets. Cette double approche est la bonne : d’une part renforcer l’action dans le cadre des traités actuels en mettant fin à une pause de réflexion passive concernant le traité constitutionnel, d’autre part entamer une nouvelle réflexion sur les suites à donner à ce dossier. La Finlande se mettra pour ce faire à la tâche pendant sa Présidence.

L’Union aura vite besoin de se doter de nouvelles règles pour agir à l’avenir avec efficacité et en toute légitimité. J’espère que le Parlement finlandais se prononcera sur la ratification du traité constitutionnel pendant notre Présidence.

L’élargissement constituera de toute évidence l’une des questions essentielles de la Présidence finlandaise. La Finlande part de l’idée que l’élargissement de l’Union a été une réussite. Politiquement et moralement, il est toujours allé de soi que les Etats ayant rejoint l’Union le 1er Mai 2004 étaient tous des pays européens dont l’adhésion coulait de source. Par ailleurs, un rapport de la Commission publié ce printemps indique que cet élargissement, le plus grand de l’histoire de l’Union, fut aussi une décision économiquement réussie. Tout le monde, que ce soient les nouveaux ou les anciens membres de l’Union, ont profité de cet élargissement.

Je me félicite de ce que le Conseil européen n’ait pas modifié, la semaine dernière, les critères d’adhésion convenus à Copenhague en 1993. Je suis du ferme avis qu’il reste attaché à ces engagements. Il ne faut pas ajouter de nouveaux critères d’adhésion pour les candidats actuels ou futurs et rester attacher aux critères existants. Les règles doivent être les mêmes pour tous et chaque pays candidat doit être considéré en fonction de ses propres mérites.

Les négociations avec la Turquie et la Croatie et la situation dans les Balkans occidentaux nous occuperont beaucoup pendant cette Présidence. Le calendrier d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie devra être décidé au cours de cet automne.

Le Conseil européen a décidé d'aborder en décembre 2006, à la fin de la Présidence finlandaise, tous les aspects des élargissements futurs. La Finlande vise à parvenir, à cette occasion, à un nouveau consensus sur l’élargissement. Nous partons du principe qu’il faudra à l’avenir poursuivre le développement de l’Union dans le sens de la plus grande unité possible. Certes, une coopération plus étroite entre certains groupements de pays est possible et peut même s’avérer parfois indispensable. L’important, c’est de ne pas créer intentionnellement, au sein de l’Union, deux ou plusieurs castes de pays. A l’avenir, tous les Etats membres doivent restés sur un pied d’égalité.

Deuxième domaine particulièrement important pour la Présidence finlandaise : la compétitivité de l’Union et de ses Etats membres et leur réussite face à la concurrence mondiale. Pour la Finlande, la question est aussi bien nationale que liée à la Présidence et elle figure dans les deux cas en tête de liste des tâches à entreprendre. Bien que chaque pays connaisse à cet égard une situation spécifique, je considère que la Finlande a ici, à la lumière de ses propres expériences, quelque chose à apporter à l’Union.

Pendant sa Présidence, la Finlande portera l’effort sur les questions relatives à la compétitivité devant être examinées dans les différentes configurations du Conseil. La question essentielle est de savoir sur quelles bases l’Europe peut faire reposer sa croissance économique. La réponse de la Finlande est que la croissance est notamment ancrée dans l’innovation, les options énergétiques, la qualité et la productivité du travail, la transparence du commerce mondial, l’immigration et une couverture sociale qui fonctionne.

Cependant, l’Union ne saurait prendre en charge qu’une partie des problèmes. Parmi les projets spécifiques, je citerai à titre d’exemple le Septième programme-cadre sur la recherche et le Règlement sur les produits chimiques. La responsabilité principale en incombe aux Etats membres et c’est à eux de l’endosser. Ils sont tout autant responsables de l’amélioration de la compétitivité commune.

La compétitivité européenne et la politique d’innovation qui va étroitement de pair constitueront le thème principal du Sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement qui se réunira à Lahti en octobre prochain. A Lahti seront également évoquées les relations extérieures en matière d’énergétique. Le président russe Vladimir Poutine a été convié au dîner qui suivra ce sommet. L’occasion y sera donnée au président russe et aux dirigeants des pays de l’UE de s’entretenir librement.

J’ai déjà souligné à plusieurs reprises que l’objectif du gouvernement n’était pas de briguer la compétitivité à tout prix, sans aucun égard pour les conséquences. Nous devons continuellement garder à l’esprit les droits des membres les plus défavorisés de la société et notre environnement commun. En Europe, il n’existe pas de modèle social unique, et il n’y a pas lieu de tenter d’en créer non plus. Il n’empêche que les pays de l’UE affichent, comparés au reste du monde, une attitude similaire envers les secteurs doux mentionnés plus haut, la protection sociale et le développement durable. L’homme n’est pas totalement maître de son propre sort et il a aussi besoin d’être soutenu au cours des différentes phases de sa vie. Cette approche européenne orientée vers l’Etat providence suscite un intérêt certain hors d’Europe, à la différence par exemple de l’approche américaine ou asiatique. Cette combinaison – une Europe économiquement compétitive et socialement forte – restera à l’avenir un atout auquel nous devons rester attachés. C’est notre modèle européen.

Pour que le souci de compétitivité et les changements sociaux restent dans les limites du raisonnable aux yeux des individus, il faut aussi songer à leur sécurité. C’est pourquoi il faut rechercher sur le marché du travail des modèles opérationnels associant raisonnablement, pour les individus, flexibilité, compétitivité et sécurité. Si nous échouons, le risque est réel que les gens se retournent contre l’Union. Sur ce point, nous autres pays nordiques avons quelque chose à apporter à l’Union.

Avant le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de Lahti, nous organiserons un sommet social tripartite extraordinaire, où nous aurons la possibilité de présenter le système finlandais.

En matière environnementale, nos priorités sont le changement climatique et la protection de la mer Baltique.

La troisième priorité de la Présidence finlandaise concerne les relations extérieures de l'Union. Celles-ci sont liées à l'économie, car les actions extérieures de l’Union reposent sur sa puissance économique. Etre un partenaire intéressant et attractif confère autorité.

L'UE est devenue un acteur mondial qui ne saurait se ménager une pause de réflexion dans ses actions extérieures. L'UE participe politiquement et économiquement au renforcement de la paix et de la stabilité sur propre continent et ailleurs. L'Union participe par des moyens civils et militaires à la gestion des crises et des conflits. Ses citoyens attendent qu’elle soit également active en dehors de ses frontières et qu’elle fasse montre de fermeté et de leadership dans le règlement des questions internationales.

Pendant la Présidence finlandaise, l’UE consolidera son rôle international et conférera plus de cohérence à ses actions. L'Union dispose, par rapport à de nombreux autres acteurs internationaux, d'un vaste éventail d'outils. Ceux-ci doivent être utilisés de manière homogène. L'Union saura faire entendre sa voix dans le monde si elle parle à l'unisson.

Nous poursuivrons le développement des capacités de gestion des crises de l'Union. Durant notre Présidence, nous devons être en mesure de confirmer que la force de réaction rapide sera entièrement opérationnelle dès le début de 2007. Nous poursuivrons le travail de conciliation de la gestion des crises civiles et militaires. L'UE fait œuvre de pionnier dans le développement d’un système complet de gestion des crises tenant compte des besoins sécuritaires des personnes. Là encore, l'UE montre la voie.

Les relations de l'UE avec notre voisin le plus important, la Russie, tout comme la Dimension septentrionale, figurent au nombre des priorités de la Présidence finlandaise. Nous sommes convaincus que nous avons quelque chose à donner pour améliorer les relations entre l'UE et la Russie. Celles-ci ne pouvant se limiter au commerce et à l’énergie, l'objectif est un vaste partenariat au sein duquel nous pouvons combiner les valeurs européennes et les intérêts mondiaux. Notre but est d'arriver à ancrer la Russie de plus en plus étroitement dans la coopération européenne. Il faut pour cela accroître l'interaction entre les pays de l'UE et la Russie, les échanges d'étudiants et la coopération culturelle.

Nous devrions rénover les fondements des relations entre l'UE et la Russie et mettre en place un cadre d'accords de plus longue haleine. C’est un point qui sera discuté pendant la Présidence finlandaise. L’idée est de dégager à ce propos un consensus permettant d’amorcer les pourparlers avant la fin de cette année. En ce qui concerne la Dimension septentrionale, nous avons déjà si bien progressé qu'un nouvel accord politique cadre sera signé au cours de l’automne. Cet accord permettra à l'UE, à la Russie, à la Norvège et à l'Islande, de travailler sur un pied d’égalité autour de questions ayant trait à cette région septentrionale du globe.

Dans les relations extérieures, nous porterons également une attention toute particulière aux relations transatlantiques et à l'Asie. Le Sommet Asie-Europe (ASEM) organisé en septembre est la plus grande réunion internationale jamais organisée en Finlande.

Quatrièmement, je mentionnerai l'amélioration de la situation juridique des citoyens et le renforcement du système juridique international. L'évaluation du Programme de la Haye sera pour nous l’occasion de procéder à une analyse politique approfondie du volet Justice et affaires intérieures.

Les citoyens attendent de l'Union européenne des actions efficaces pour lutter contre la criminalité internationale, le trafic humain et le terrorisme. La Finlande tentera, durant sa Présidence, d'identifier ce qui peut être fait pour améliorer le processus décisionnel en matière de coopération judiciaire et policière. Les possibilités offertes par le Traité de Nice pour ce qui est du recours à la majorité qualifiée amélioreraient significativement l'efficacité des décisions.

Le cinquième et dernier domaine que je souhaite particulièrement souligner ici est la transparence et l‘efficacité de nos modes de fonctionnement. La transparence sera accrue sur la base des décisions prises la semaine dernière par le Conseil européen en vertu de laquelle toutes les délibérations du Conseil relevant de la procédure de codécision seront en principe rendues publiques. La Finlande qui a constamment insisté sur le besoin de transparence ne peut que se réjouir de cette décision. Je crois aussi qu'une plus grande transparence contribuera à gagner la confiance des citoyens et permettra de renforcer la légitimité de l'Union. Nous devrons faire preuve ici de bon sens et la transparence en matière législative n'empêchera pas les ministres de tenir au besoin des réunions sous le sceau de la confidentialité.

La Finlande œuvrera à une meilleure réglementation, c’est-à-dire à la qualité de la législation et à la prise en compte des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Nous agirons en étroite collaboration avec la Commission pour arriver à une législation dont la préparation aura tenu compte de toutes ses implications et plus généralement de la réelle nécessité des projets législatifs au niveau de l'UE.

Monsieur le Président,

J'espère que la coopération du gouvernement avec le Parlement se poursuivra d’une manière aussi exemplaire qu’elle ne l’a été jusqu’à présent sous ce cabinet et à l’instar de ce qu’elle fut sous la précédente Présidence finlandaise en 1999. La réussite de cette Présidence-ci est pour la Finlande une chose importante aux prolongements qui vont bien au-delà de l’année en cours. En ce sens, nous sommes tous, gouvernement et opposition, dans la même barque.

C'est confiant que le gouvernement s’apprête à prendre la direction de l'Union européenne pour les six prochains mois. Après mûre réflexion, nous avons fixé des priorités par lesquelles il nous semble avoir quelque chose à donner à l'Union.

Durant sa Présidence, la Finlande guidera l'Union dans la voie d’une Nouvelle Europe économiquement et politiquement plus forte et offrant en même temps une meilleure sécurité.

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Mise à jour 29/06/2006


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