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Les Conservateurs finlandais se hissent sur la plus haute marche du podium - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

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Actualités, 06/11/2008

Les Conservateurs finlandais se hissent sur la plus haute marche du podium

Par Kyösti Karvonen

Jusqu’à maintenant, le Parti de Rassemblement national (conservateur modéré) n’avait jamais été la plus grande formation politique de la Finlande. Sa victoire aux récentes élections municipales en fait désormais le plus grand parti du pays, tandis que les Verts devancent l’extrême-gauche et qu’un parti populiste revient sur la scène politique, écrit Kyösti Karvonen.

En règle générale, les élections municipales se déroulent partout sans vraiment faire de vagues. Le scrutin du 26 octobre dernier, au seuil de la période la plus obscure de l’année sous cette haute latitude, a été l’exception qui confirme la règle.

 Le résultat du scrutin a généré un couple de phénomènes qui sont des premières dans la vie politique finlandaise. Réputée pour son bon ordre politique, plutôt statique, elle est caractérisée par des changements mineurs dans les comportements de vote.

Cette fois-ci, l’électorat finlandais s’est quelque peu écarté de la voie habituelle. S’il s’était agi d’élections parlementaires et non pas municipales, les résultats auraient entraîné des changements significatifs sur l’échiquier politique, au niveau national.

Victoire historique des Conservateurs

Pour commencer, la victoire convaincante du Parti de Rassemblement, conservateur, est incontestablement historique. Pour la première fois dans la vie politique finlandaise, mis à part les élections européennes, les conservateurs l’emportent et gagnent la première place, reléguant derrière eux tant les sociaux-démocrates que le Parti du Centre.

Puheenjohtaja Jyrki Katainen on tyytyväinen kuntavaalien voittoonLe leader des Conservateurs, M. Jyrki Katainen s'est montré très satisfait avec le résultat du scrutin. Photo: Lehtikuva Oy/ Office du Premier Ministre

Les conservateurs ont longtemps formé un parti de dimension moyenne et même dépassé par les communistes ; confinés dans une interminable opposition, ils étaient fustigés d’incarner la droite. Aussi longtemps que le président Urho Kekkonen fut au pouvoir, l‘accès au gouvernement leur fut refusé et les Soviétiques les jugèrent indignes de confiance en politique étrangère.

Cette période, qualifiée, dans le langage politique finlandais, de mise sur la touche de la politique étrangère, ne prit fin qu’en 1987, après 20 années passées dans l’opposition. Depuis cette date, le Parti du Rassemblement a siégé pratiquement en permanence dans les gouvernements successifs, tout en restant une formation de second plan au sein des cabinets, enlevant la deuxième ou la troisième place aux élections, derrière l’une ou l’autre ou encore les deux autres grandes formations politiques du pays.

Cet automne, la course à la première place se présentait comme une situation d’ex aequo jusqu’aux deux dernières semaines d’une campagne restée terne. Les derniers sondages d’opinion, qui prédisaient une victoire des Conservateurs, ont, pour une fois, mis dans le mille !

L’ascension des conservateurs a débuté en 2006 ; leur candidat – l’actuel président du Parlement Sauli Niinistö – a perdu de justesse la bataille des présidentielles. Leur progression s’est poursuivie aux élections parlementaires de l’an dernier, lors desquelles le parti a été coiffé, sur le fil, par le Parti du Centre.

 A en croire bon nombre d’experts, cette belle victoire pourrait bien être suivie par une autre, cette fois aux élections européennes l’an prochain, puis aux parlementaires en 2011 et à l’élection présidentielle un an plus tard. Une victoire en 2011 donnerait au parti le rôle de leader de la coalition gouvernementale ; une victoire à la présidentielle serait une première depuis quelques 60 ans.

La victoire des Conservateurs est d’autant plus convaincante que le Parti du Centre, son partenaire au sein de la coalition, a essuyé un sérieux revers, perdant du terrain dans ses bastions ruraux traditionnels. En attendant, le Parti de Rassemblement a renforcé sa base dans les zones urbaines et les banlieues ; il forme désormais le plus grand parti dans les huit plus grandes villes du pays.

 D’après les analystes politiques, les Conservateurs ont mené une campagne réussie, en s’appuyant sur des messages convaincants, tandis que les deux autres grands partis commettaient des maladresses. L’image de jeunesse que dégagent les dirigeants conservateurs a manifestement interpellé l’électorat. « Leur produit politique est équilibré », a déclaré le spécialiste de la politique Ville Pernaa, dans une interview à la télévision.

Tempête dans le Centre

En attendant, pour le Parti du Centre, les élections sont devenues un cauchemar. Le principal partenaire de la coalition gouvernementale a perdu un nombre considérable de sièges dans ses fiefs traditionnels, dans tout le pays. Le parti arrive en troisième position, loin derrière les Conservateurs et les sociaux-démocrates.

Le résultat catastrophique a immédiatement suscité des prises de bec au sein du Parti du Centre. S’il ne faut pas s’attendre à un chambardement immédiat à la tête de ce parti, les pressions sur le Premier ministre Matti Vanhanen et sur le secrétaire du parti, Jarmo Korhonen ne manqueront pas. M. Vanhanen avait auparavant déclaré qu’il était prêt à présider le parti jusqu’en 2015. Après de piètres prestations lors de plusieurs élections, la dernière couronnant le tout, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Le Parti social-démocrate (SDP) ne peut pas vraiment se gausser d’avoir fait un bon résultat. Comparé aux précédentes élections municipales, en 2004, son recul est même supérieur à celui du Parti du Centre. Pour la nouvelle dirigeante du SDP qui son parti arriver en seconde position plutôt qu’à la troisième, le réconfort est maigre. Dans les grandes zones urbaines, les sociaux-démocrates ont perdu du terrain au profit des conservateurs, des Verts et d’un parti populiste intitulé les Vrais Finlandais.

Le retour des populistes

La plus grande sensation vient des Vrais Finlandais. Après des années passées sur la touche de la vie politique, le parti populiste fait un come-back qui soutient la comparaison avec la fortune qu’a connu son prédécesseur, il y a 20 ou 30 ans. Ce parti reste toutefois un acteur mineur sur la scène politique.

Le crédit de la victoire revient au président du parti, Timo Soini. Fin politique, il trouve vite les bons mots, ceux qui font mouche et dont on se souvient, dans les débats politiques sur le petit écran et lors des débats parlementaires. L’affiche de son parti était un exemple criant de la manière dont le parti est l’affaire d’un seul homme : un seul visage, qui apparaissait huit fois, style Andy Warhol !

La performance spectaculaire des Vrais Finlandais a éclipsé un changement plus significatif sur l’échiquier politique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’extrême-gauche a été, sous plusieurs dénominations, une force avec laquelle il fallait composer. L’Alliance de Gauche, comme on l’appelle aujourd’hui, a progressivement perdu de sa popularité depuis le début des années 1990. Cette fois-ci ce parti est devancé par les Verts qui progressent dans les zones urbaines, et deviennent le quatrième parti par ordre d’importance. Ce fait, avec le grand jour des Conservateurs, a été l’autre changement fondamental.

En dépit des changements majeurs au sein des conseils municipaux, l’actuel gouvernement formé de quatre partis restera probablement en place jusqu’en 2011. Le médiocre résultat du Parti du Centre creusera quelques rides ; il pourrait bien faire tanguer un peu la barque, histoire de redorer un peu son image dans l’opinion, avec de possibles changements ministériels ou des rotations de portefeuilles.

Kyösti Karvonen est rédacteur en chef du journal Kaleva.

Publié le 31 octobre 2008

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Mise à jour 06/11/2008


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