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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Le Prix Nobel attribué en récompense de la résolution pacifique des conflits - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

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Actualités, 08/12/2008

Le Prix Nobel attribué en récompense de la résolution pacifique des conflits

par Joe Brady et Peter Marten

Le diplomate et négociateur Martti Ahtisaari a reçu, en 2008, le Prix Nobel de la Paix en récompense de ses efforts couronnés de succès dans la résolution des conflits en Namibie, dans les Balkans, à Aceh dans d’autres foyers de crises.

Au fil des années, l’ancien Président finlandais Martti Ahtisaari a contribué à la résolution de conflits en Afrique, en Asie et en Europe. Son travail inlassable pour la cause de la paix lui a valu le Prix Nobel de la Paix en 2008. 

Ahtisaari NamibiassaMartti Ahtisaari au travail en Aceh août 2006, accompagné par Kalle Liesinen, actuellement directeur executif de Crisis Management Initiative. © CMI

Dans les affaires internationales, M. Ahtisaari a, sans aucun doute, bénéficié d’une notoriété supérieure à celle de tout autre Finlandais, dans un passé récent. Président de la République de la Finlande de 1994 à 2000, il crée, après l’expiration de son mandat, l’ONG Crisis Management Initiative (Initiative pour la gestion des crises, CMI), dont il préside le conseil d’administration.

Une haute réputation

Les diplomates, les journalistes et autres personnes bien informées voient dans M. Ahtisaari une personne franche, accessible et prévenante. Il est hautement apprécié dans l’environnement multiculturel onusien, par des nationalités nombreuses et à différents niveaux de la hiérarchie de l’organisation.

Pragmatique, comme doit l’être un bon médiateur, il use du bon sens commun finlandais et il emploie un vocabulaire clair. Il peut aussi, le cas échéant, se montrer coriace et faire usage de son franc-parler, au risque d’égratigner l’ego de certains.

Soucieux de s’assurer que les problèmes sont considérés sous tous les angles, il a la réputation d’employer cette méthode : soumettre à ses collaborateurs un point à discuter, être ensuite à l’écoute et sélectionner les ingrédients susceptibles d’être modelés pour dégager une proposition fructueuse.

L’instituteur devenu diplomate 

Martti AhtisaariNé en 1937, Martti Ahtisaari est connu pour son role dans la résolution des conflits à Kosovo, Aceh et Namibie. Photo: Janne Mikkilä/ Studio Blick, © CMI

Martti Oiva Kalevi Ahtisaari est né en 1937, à Vyborg (Viipuri en finnois); cette ville située sur le littoral du Golfe de Finlande appartint à la Finlande jusqu’en 1940, date à laquelle elle fut annexée à l’URSS. Après avoir effectué son service national, à la fin des années 1950, M. Ahtisaari devient enseignant et travaille dans des écoles en Finlande et au Pakistan.

De 1965 à 1973, il est fonctionnaire à la Direction générale de la coopération internationale au développement du ministère finlandais des Affaires étrangères. Nommé ambassadeur en Tanzanie, en 1973, il est également accrédité en Zambie, en Somalie et au Mozambique.

Dès lors, selon les termes du Comité Nobel norvégien, il « fait montre d’une présence très active dans les efforts visant à résoudre plusieurs conflits graves et de longue durée. » En Tanzanie, il acquiert une réputation de spécialiste des politiques africaines.

A la demande de dirigeants africains, le Secrétaire général de l’ONU le nomme, en 1977, Commissaire des Nations Unies pour la Namibie. L’année suivante, il devient Représentant spécial du Secrétaire général pour la Namibie. En annonçant l’attribution du Prix Nobel de la Paix 2008 à M. Ahtisaari, le Comité Nobel note qu’en 1989 et 1990, celui-ci a joué un rôle significatif dans l’instauration de l’indépendance de la Namibie.

Le rôle de M. Ahtisaari, dans le processus qui conduit à l’indépendance de la Namibie, consiste alors à coordonner les positions, souvent divergentes, de l'ONU, de l'Afrique du Sud, de l'organisation pour l'indépendance de la Namibie (la SWAPO), de l’Ouest et de l'URSS, tout en forgeant un accord susceptible d'être adopté par toutes les parties concernées. Plusieurs années seront nécessaires avant que toutes les pièces du puzzle trouvent leur place.

Le défi du Kosovo

En 1999, dans des circonstances notoirement difficiles, M. Ahtisaari élabore des propositions destinées à résoudre le conflit au Kosovo. Alors qu’un génocide y est en cours, les pays membres de l'Otan cherchent à faire pression sur la Yougoslavie en menant une intense campagne de bombardement. Celle-ci ne semblant pas suffire à elle-seule, des efforts diplomatiques s'avèrent nécessaires.

Sa mission consiste alors à faire en sorte que les Etats-Unis, leurs alliés de l’Otan, la Russie et la Yougoslavie approuvent un accord conciliant leurs exigences minima, de telle sorte que nul ne se sente lésé. Le défi ne dure, cette fois-là, que huit semaines ; mais, en dépit de sa brièveté, il n’en est que plus âpre.

A l’automne de 2005, M.Ahtisaari tourne, une nouvelle fois, son attention vers le Kosovo. Il conduit alors des pourparlers sur le sujet, exceptionnellement complexe, du futur statut du Kosovo.

Apaisement à Aceh

Le Comité Nobel rappelle qu’en 2005, M. Ahtisaari et son ONG Crisis Management Initiative (CMI) ont joué un rôle central pour la solution du dossier complexe de la province indonésienne d’Aceh et les prétentions de cette dernière à l’indépendance. CMI est invitée à faire office de facilitateur des pourparlers entre le gouvernement indonésien et le Mouvement pour un Aceh libre (GAM).

Le premier tour des négociations, en fait le premier face-à-face entre les parties depuis mai 2003, a lieu à Helsinki en janvier 2005. D’autres suivent, en février, avril et mai de la même année.

CMI élabore ensuite un projet de Memorandum of Understanding (MoU), qui sert de base à une cinquième réunion, qui se tient en juillet. L’accord est signé le 15 août 2005. La CMI est également présente durant la phase de mise en œuvre.

Plusieurs facettes pour chaque affaire

M.Ahtisaari apporte également des contributions exceptionnelles au règlement des conflits en Iraq, en Irlande du Nord, en Asie centrale et dans la Corne de l’Afrique. Bien entendu, les solutions qu’il préconise aux problèmes internationaux ne sont pas toujours au goût de tout le monde.

Ses propositions sur le futur statut du Kosovo mettent ses détracteurs particulièrement mal à l’aise. Evoquant ces questions, M. Youri Deriabine, éminent diplomate russe et ancien ambassadeur de Russie en Finlande, écrit dans le journal finlandais Kaleva que si M. Ahtisaari a reçu le Prix Nobel de la Paix, ce n’est pas pour les négociations sur le Kosovo qu’il a présidées.

M. Deriabine a dit sa conviction que M. Ahtisaari s’est sincèrement efforcé de promouvoir la cause de la paix au Kosovo ; il a ajouté qu’il doutait même que les critiques aient lu les propositions de M. Ahtisaari concernant cette région. Celui-ci avait proposé une indépendance “conditionnelle” du Kosovo, ce qui aurait garanti des droits étendus à la minorité serbe.

La valeur de la médiation

Entre les opérations en Namibie et au Kosovo, M. Ahtisaari a occupe d’autres postes : Sous-secrétaire général de l’ONU, chargé de l’administration et de la gestion, secrétaire d’Etat au ministère finlandais des Affaires étrangères il sera aussi président du Groupe de travail sur la Bosnie à la Conférence internationale des Nations Unies sur l’ex-Yougoslavie.

 Membre du conseil d’administration de l’East-West Institute basé à New York, il est également membre du groupe consultatif commun du Open Society Institute et de Soros Foundations, qui opèrent dans différents pays. Il est président de la Balkan Children and Youth Foundation et du Global Action Council de la International Youth Foundation, ainsi que du comité de direction de Interpeace.

 Jusqu’à 2003, il est membre du conseil d’administration de l’Institute for Democraty and Electorate Assistance (IDEA) et, jusqu’en 2004, président de International Crisis Group, basé à Bruxelles. Au début octobre 2008, M. Ahtisaari reçoit également, àl’Unesco, le prix international Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 Le Prix Nobel de la Paix attribué à M. Ahtisaari est salué en Finlande, pays qui consacre beaucoup d’efforts et d’argent à la cause de la paix. Le comité Nobel norvégien voit en lui un médiateur international hors pair, qui a montré, par ses efforts infatigables et ses bons résultats, tout le prix de la médiation en apportant la paix à des conflits internationaux.

 

 

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Mise à jour 08/12/2008


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