Aller directement au contenu
Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

La Finlande relance l’économie en s’appuyant sur les réseaux à haute débit et sur le film - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

REPRÉSENTATION PERMANENTE DE LA FINLANDE
AUPRÈS DU CONSEIL DE L'EUROPE, Strasbourg


Représentation permanente de la Finlande
31, Quai Mullenheim, 67000 Strasbourg, France
Tel. +33-3-8815 4444, sanomat.ene@formin.fi
English | Français | Suomi | Svenska
Police de caractère normalePolice de caractère plus grande
 
Actualités, 24/03/2009

La Finlande relance l’économie en s’appuyant sur les réseaux à haute débit et sur le film

par Elias Repo, de la revue Arvopaperi

La Finlande s’est activement engagée dans le mouvement international de relance. En février, elle annonçait être le numéro trois européen de la relance.

La récession qui a secoué le pays, dans les années 1990, a soumis celui-ci à une rude épreuve ; elle lui a aussi permis de tirer des leçons de la crise : le fort chômage coûte cher à l’Etat. L’unanimité politique a vu le jour dès qu’il s’est agi de combattre le chômage. En 1994, au pire de la tourmente, le taux de chômage atteignait 16,6% ; d’une manière ou d’une autre, tous les Finlandais étaient touchés.

En février dernier, le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen a annoncé que la Finlande est dans le peloton de tête des acteurs de la relance en Europe. « L’effet du stimulus fiscal, qui représente 1,70% du P.i.b. soit 3 milliards d’euros, résulte des décisions relatives au budget de 2009 et à la rallonge budgétaire pour cette année ; d’après la comparaison établie par la Commission européenne, cet effort est le troisième en importance parmi les 27 Etats membres de l’Union européenne ».

Le paquet de relance sera utilisé pour réparer les aéroports, les voies de chemin de fer et les écoles sujettes à des problèmes de moisissure. Les chômeurs accèderont, plus facilement que jamais, à la formation pour la réinsertion dans l’emploi ; ceux qui se feront entrepreneurs bénéficieront d’un financement destiné au lancement de leur entreprise.

Histoire de glaner quelques points politiques, au titre de la relance, un financement distinct a également été promis au théâtre suédophone Svenska Teatern ainsi qu’au Hallis, navire de lutte contre la marée noire. « Je suis un spectateur enthousiaste du film finlandais. L’Etat a décidé d’attribuer au cinéma national un financement au titre de la relance tout en laissant la décision à un professionnel », a déclaré le Premier ministre Matti Vanhanen, avec un brin d’humour, lors du gala de remise des prix Jussi, l’Oscar du film finlandais.

L’aide au film a été favorablement accueillie par la banche ; mais, dans maints domaines, l’aide est susceptible de fausser la concurrence. 

Broadband use at homeLe paquet de relance du gouvernement promit des connexions à haute débit gratuits ou très abordables pour tous. © Tekes/Anton Kalland

Le budget de relance promettait de faire bénéficier tout le monde, en Finlande, gratuitement ou avantageusement, de la liaison à large bande. Grondement chez les télé-opérateurs, lesquels estiment qu’une telle mesure ferait du tort à la libre concurrence dans le secteur des télécoms. Comment mettre en place les réseaux à large bande sans mettre en péril la libre concurrence ? La décision viendra plus tard.

Dans sa déclaration, le gouvernement constate simplement, dans des termes très généraux, que l’effet de la construction de ces réseaux sur l’emploi, durant la période 2009 à 2015, représente, au total, 3000 années-hommes de travail.

Les innovations et le coup de pouce à l’entreprise étaient les ingrédients de la recette qui avait permis de sortir de la précédente récession. En 1992, Nokia décidait de consacrer exclusivement ses efforts aux téléphones mobiles et de renoncer à ses autres activités industrielles comme la fabrication de pneumatiques pour automobiles, de bottes en caoutchouc et de câbles. Au fil des années, Nokia et divers établissements de recherche technologique ont abondamment bénéficié d’aides financières de l’Etat. Le nouveau paquet de relance promet de continuer le financement des projets technologiques.

Le ministre des Finances Jyrki Katainen a insisté sur l’importance de l’aide à l’entreprise et à l’innovation. « Dans la manière dont la récession survenue au début des années 1990 a été gérée, un détail a particulièrement suscité mon admiration. Tout en décidant des réductions (budgétaires) et des hausses d’impôts, difficiles mais indispensables, le gouvernement a abaissé la fiscalité des entreprises et entrepris des mesures résolues en faveurs des activités de recherche-développement.

Durant la précédente récession, des choix de valeurs ont été opérés, concrétisés par la réduction de la protection sociale et par l’aide aux entreprises. Ultérieurement, les décideurs politiques peuvent être fiers de ces choix. La reprise, particulièrement rapide, qui a permis à la Finlande de sortir de la récession s’explique largement par la réussite mondiale de Nokia et de la technologie en rapport avec ses activités.

La critique des économistes

Le Directeur général de l’Institut de recherche de l’économie finlandaise (Elinkeinoelämän Tutkimuslaitos) Sixten Korkman, qui compte parmi les économistes de tout premier plan en Finlande, a constaté que le paquet de relance de l’Etat n’est toutefois qu’un moyen marginal d’influer sur l’évolution globale de l’économie publique. Les économistes internationaux ont entonné le même couplet, qu’il s’agisse des économies américaine ou européenne.

Pour la critique, la classe politique veut, par le moyen de petits paquets de mesures, se donner bonne conscience sans avoir de réelle possibilité de relance. Le monde ne vit plus dans une économie fermée comme c’était le cas en Finlande, dans les années 1990 ; il dépend, au contraire, du commerce international. Les acteurs du commerce mondial manquent de confiance et la confiance ne s’achète pas avec les budgets de l’Etat.

Pour Björn Wahlroos, Directeur général du Groupe Sampo Oyj et figure de proue de la finance en Finlande, la politique budgétaire de l’Etat ne joue qu’un petit rôle dans la résolution de la récession. Les véritables effets viennent de la politique monétaire, laquelle est dirigée par la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. D’après lui, le remède à la crise économique vient de la politique active d’abaissement des taux d’intérêt ; la BCE n’a pas compris qu’il fallait y recourir comme l’a fait la FED, de l’autre côté de l’Atlantique.

Les marchés font confiance à l’Etat finlandais

La comparaison des différences entre les taux pratiqués par les Etats membres sur le marché indique que l’Etat finlandais jouit d’une solide confiance. L’exigence de productivité de l’obligation de l’Etat finlandais sur les marchés est une des plus faibles des pays de la zone Euro. Seuls l’Allemagne et la France font un tout petit peu mieux. Le marché obligataire mondial montre que l’Irlande, la Grèce et le Portugal doivent payer le prix fort pour l’endettement de l’économie de l’Etat. L’information sur l’état du marché révèle que la confiance dans l’Etat restera stable, pense-t-on, en Allemagne et en France mais aussi en Finlande et que ces pays sauront surmonter, en toutes circonstances, leurs problèmes d’endettement.

Dans quel état se trouvait, en février 2009, l’économie de l’Etat finlandais ? Dans la comparaison européenne, le taux d’endettement de ce dernier était l’un des moindres : l’Etat n’est pas endetté. Toutefois, dans la comparaison, l’image est quelque peu déformée par le fait que le régime de retraite finlandais est considéré comme relevant de l’Etat. Ce fait n’apparaît pas dans le tableau concernant les Finlandais; sur le plan de la comparaison internationale, leur pays laisse l’impression d’être tout à fait dans la moyenne.

 Dans la comparaison que fait la Commission européenne le budget de l’Etat finlandais restera encore excédentaire en 2010 – selon les prévisions – contrairement à la situation que connaîtront la plupart des autres pays européens. La situation de la Finlande serait encore meilleure que celle de l’Allemagne et de la France.

Les ministres des Finances Katainen a estimé, pour sa part, que la dette de l’Etat finlandais augmentera, en trois ans, de 30 milliards d’euros. Les mesures de soutien à la relance ne sont pas les seules raisons ; l’Etat accorde aussi des baisses d’impôt. Chacun sait, par expérience, qu’avec la récession les recettes fiscales diminuent. En conséquence, le besoin d’endettement augmente d’autant.

Le pire, dans la situation que connaît actuellement la Finlande, vient de la chute brutale des exportations. Un tiers du P.i.b de la Finlande provient de ses exportations. Les instituts de pronostiques ont éprouvé des difficultés à fournir des chiffres de croissance pour 2009. Ceux-ci varient dans une fourchette comprise entre +1,0% et moins 3.7%. Le problème, avec les pronostiques, c’est précisément la difficulté de dire ce que sera le volume des exportations. La Russie, débouché significatif des exportations finlandaises est un sujet de préoccupation ; les pronostiques à son égard sont difficiles.

La mise à pied – une formule finlandaise !

Le gouvernement finlandais veut empêcher la recrudescence du chômage à long terme comme dans les années 1990.

Durant la précédente récession, qui avait été marquée par un recul de plus de 10% du P.i.b., le taux de chômage était brusquement passé de moins de 4% au taux record de 16,6%.

Le passé nous a appris que le chômage culmine lorsque la récession fait place à la reprise et lorsque le recul du chômage est lent. Le calcul du taux chômage pour l’an dernier révèle le chiffre le plus faible depuis une décennie, soit 6,4% ; nous sommes pourtant loin du taux de chômage que la Finlande connaissait avant la précédente récession. Dans la comparaison européenne des statistiques du chômage, la Finlande fait assez bonne figure ; son taux est inférieur à la moyenne.

Durant les derniers mois écoulés, les entreprises finlandaises ont annoncé beaucoup d’interruptions d’activités dans les usines et de nombreux licenciements. La législation finlandaise du travail autorise la mise en congé temporaire des travailleurs, par exemple pour un mois, sans rémunération salariale. Les chefs d’entreprise et les travailleurs ont salué cette particularité du marché du travail en Finlande. Comparé au licenciement, cette mesure offre l’espoir que le commerce reprendra ses droits et que les travailleurs seront alors nécessaires. 

Imprimer

Mise à jour 24/03/2009


© Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg | À propos de ce site | Contact