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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

L’Etat-providence 3.0 - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

REPRÉSENTATION PERMANENTE DE LA FINLANDE
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Actualités, 11/05/2011 | Ambassade de Finlande, Paris

L’Etat-providence 3.0

La Finlande traverse actuellement une période de mutation : tel est l’avis de Risto E.J. Penttilä, directeur général de la Chambre de commerce centrale finlandaise.

Pour Penttilä, l’histoire de l’économie finlandaise de l’après-guerre se partage en trois périodes distinctes : le temps de l’Etat-providence 1.0, qui correspondait à un modèle d’économie fermée pour le pays ; cette période fut suivie par la montée en puissance de Nokia et l’entrée de la Finlande dans la globalisation, ce qui pour Penttilä a généré le temps de l’Etat-providence 2.0 ; enfin, aujourd’hui, la Finlande se trouve une nouvelle fois à la recherche de la direction à suivre.

Dans son essai, Penttilä rappelle que nous, Finlandais, avons toujours eu tendance à sous-estimer notre potentiel dans les situations de crise et dans les étapes transitoires ; or en réalité, c’est précisément dans les périodes difficiles que la Finlande s’est montrée performante.

Les questions soulevées par l’ouvrage de Risto E.J. Penttilä sont celles-ci : comment construire l’Etat-providence 3.0, et où se trouvent les éléments constitutifs de la future croissance de ces années 2010 ?

Un réseau d’entreprises en pleine diversification

Selon l’auteur, il est évident que la Finlande dispose d’un réseau d’entreprises en voie de diversification ; ainsi, l’image d’une Finlande fonctionnant sur un modèle économique unique est-elle en train de céder la place : « La Finlande est en train de glisser vers le modèle danois. Le rôle moteur des services ainsi que des petites et moyennes entreprises a tendance à s’affirmer toujours plus nettement au sein de l’économie », écrit l’auteur.

Cela revient donc à dire qu’il ne faut pas s’attendre à l’émergence d’un nouveau phénomène de type Nokia ; au demeurant, un « nouveau Nokia » ne serait peut-être même pas souhaitable en tant que tel aux yeux de Penttilä, qui estime par ailleurs que le propre de la période qui s’ouvre est que nous ne savons plus au juste d’où vient la croissance.

Pour Penttilä, « la compétition reste aujourd’hui encore l’élément clé de la croissance, les autres facteurs de croissance étant une politique fiscale adaptée, une logistique efficace et des infrastructures de haut niveau ».

Si Nokia connaît à l’heure actuelle des difficultés, les petites entreprises semblent tirer d’autant mieux leur aiguille du jeu, note l’auteur, et d’observer que les prévisions conjoncturelles des entreprises finlandais sont aujourd’hui au beau fixe. Il écrit : « Plus on s’éloigne d’Helsinki, plus le moral est bon : on observe des exemples significatifs de ce phénomène avec la Carélie du Nord, d’habitude citée comme la lanterne rouge de l’économie finlandaise, mais aussi la Laponie, pour laquelle l’échelle traditionnelle de notation des résultats, soit de un à dix, ne suffira bientôt plus, puisque la meilleure note possible est d’ores et déjà atteinte ».

L’important potentiel de la Russie

Sur le plan économique, la Finlande a été tour à tour tournée vers l’Europe de l’Est et vers le monde occidental : pour les années 2010, l’orientation choisie par notre pays privilégie la Russie, voire d’autres marchés toujours plus à l’est, comme les économies émergentes de certains pays asiatiques. C’est ainsi que, pour la décennie en cours, Penttilä perçoit des débouchés très importants du côté de la Russie : « Nous avons eu la main particulièrement heureuse dans nos relations avec la Russie : au cours des années 1990, nous avons mis essentiellement l’accent sur nos échanges avec les pays occidentaux, alors que dans le même temps de nombreux acteurs économiques occidentaux se sont brûlé les ailes en Russie. Or aujourd’hui, dans les années 2010, nous avons plus à gagner que jamais sur les marchés russes ».

« Aujourd’hui, l’adhésion de la Russie à l’Organisation Mondiale du Commerce approche ; mais en dehors des perspectives que cette accession pourrait nous ouvrir, le très grand potentiel de la Russie réside dans sa propre croissance. Il faut ajouter à cela les réseaux efficaces dont nous disposons dans ce pays, ainsi que le fait qu’on trouve en Russie de nombreux jeunes dirigeants d’entreprise, qui non seulement sont disposés à travailler avec les pays occidentaux, mais aussi qui en ont parfaitement la capacité », estime Penttilä, qui poursuit : « Du point de vue finlandais, tout ceci représente des possibilités toujours plus importantes d’échanges et d’investissements ».

Vieillissement et âge de la retraite

Mais quelle sera l’évolution de la demande intérieure du secteur privé finlandais dans la décennie à venir ? Le débat avance sur les questions liées au vieillissement de la population, aux défis que pose ce phénomène et aux solutions qui existent pour y faire face. Même si le niveau des retraites n’est pas particulièrement élevé en Finlande, il n’en reste pas moins que les seniors disposent dans notre pays d’une aisance non négligeable, les capitaux correspondants restant par ailleurs dans une large mesure en sommeil en attendant d’être débloqués à l’occasion des successions à venir. Or si l’on veut augmenter la consommation privée des retraités finlandais, il y a lieu de leur proposer des formules de régimes de retraite et des contrats d’assurance plus souples que cela n’a été le cas jusqu’ici.

A en croire Penttilä, le risque que court la Finlande est celui d’un scénario comparable à ce qui s’est produit au Japon : en effet, le Japon est le premier pays du monde occidental à avoir fait l’expérience d’un vieillissement significatif de sa population, tandis que la Finlande est le premier pays d’Europe à devoir aborder prochainement cette même situation.

Dans un autre passage de son livre, Penttilä s’exprime ainsi : « La Finlande doit adopter les bonnes incitations et adresser des signaux encourageants aux acteurs économiques. Nous avons devant nous un choix à faire : est-ce que nous voulons une politique fiscale incitatrice ou bien pénalisante ? Allons-nous être capables de développer la vie professionnelle de telle sorte que les gens se plairont plus longtemps au travail ? »

L’importance d’arrêter les bons choix

Selon Penttilä, le développement économique des années 2010 est susceptible d’être menacé en Finlande par des décisions inadaptées sur le plan économique intérieur, et il estime donc important de mettre l’accent sur les bons choix économiques à arrêter pour l’avenir : à ce sujet, Penttilä relativise les critiques de ceux qui ont fustigé le taux d’imposition des entreprises en vigueur en Irlande : «  Lorsque la Finlande s’est relevée du marasme économique spécifique auquel nous avons été confrontés, le pays a fait figure de mauvais élève de l’Europe sur le plan fiscal. Il n’en demeure pas moins que les allègements de charges ont pour effet d’activer la croissance, et que de telles mesures participent donc d’une politique économique non seulement opportune, mais indispensable. Dans le même temps, il est non moins important d’insister sur l’importance d’une discipline économique », ajoute-t-il.

Depuis l’époque de la guerre froide, le système politique finlandais est resté pratiquement inchangé, tout en conservant une relative efficacité. Cependant, le risque qui pourrait exister au cours des années 2010 est que cette période connaisse une évolution politique qui aboutirait à un affaiblissement de la capacité décisionnaire du pouvoir politique.

A cet égard, Penttilä cite un exemple à ne pas suivre : celui de la Nouvelle-Zélande, considérée dans les années 1980 comme un modèle de prospérité tenant du miracle économique, mais qui a perdu ses atouts par suite des changements intervenus depuis dans son système politique.

(Le texte est une synthèse d’un article initialement paru dans le magazine Kauppapolitiikka.)

Photo :  Mika Latvanen /Tekes

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Mise à jour 11/05/2011


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