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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Transfert de pouvoir chez Nokia – l’ère d’Olli-Pekka Kallasvuo commence - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

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Actualités, 19/09/2005

Transfert de pouvoir chez Nokia – l’ère d’Olli-Pekka Kallasvuo commence

En annonçant son retrait de la direction de Nokia, activité qu’il exerçait à plein temps, Jorma Ollila a surpris les médias finlandais au début du mois d’août. Son successeur à la direction de ce qui est le joyau de l’industrie finlandaise, vient de l’intérieur du Groupe. Il s’agit d’Olli-Pekka Kallasvuo, l’actuel responsable de la plus forte division de Nokia, les activités Téléphones mobiles.


Auparavant pressenti pour devenir l’héritier d’Ollila, Pekka Ala-Pietilä a annoncé par la même occasion son intention de quitter Nokia. Dans un commentaire d’une rare franchise, Ala-Pietilä a indiqué qu’il n’a pas suffisamment le feu sacré pour présider aux destinées d’un géant de l’envergure de Nokia.

Si le transfert de pouvoir chez Nokia a été l’une des nouvelles de l’actualité qui ont fait l’effet d’une bombe, cet été, en Finlande, la nouvelle n’a rien d’un bouleversement et rien de vraiment surprenant. Les intentions d’Ollila – son départ - étaient connues de son entourage. Lorsqu’il prit ses fonctions à la tête de Nokia, Ollila avait lui-même indiqué avoir promis à son épouse que son engagement serait de douze ans. Une promesse presque tenue, puisque cette limite n’a été dépassée que d’un couple d’années. Aux investisseurs eux-mêmes, les services d’information de Nokia avaient annoncé largement à l’avance le terme du contrat quinquennal d’Ollila.

Ce qui a fait de l’annonce du départ d’Ollila un grand événement médiatique, c’est d’une part que Nokia est la plus grande entreprise finlandaise, la plus précieuse aussi, et d’autre part que, dans la presse, le mythe Ollila avait commencé à vivre sa propre existence. La conviction que le pouvoir conféré par Nokia était devenu une fin en soi pour Ollila fait partie de ce mythe. Le transfert de pouvoir a cependant démontré que les supputations selon lesquelles l’homme de proue de Nokia s’attacherait obstinément à son poste, comme c’est le cas de tant de dirigeants d’entreprises sur le tard, étaient sans fondement.

Une fois publiée l’annonce de ce départ, les spéculations relatives aux futures tâches d’Ollila ont commencé à faire leur chemin. Lui-même avait indiqué sur le coup son intention de ne faire aucun cas d’éventuelles tentatives de persuasion pour se lancer dans des tâches politiques. Ollila considère le monde de l’entreprise comme son domaine d’excellence ; d’ailleurs, son caractère décidé ne conviendrait pas nécessairement à la vie politique et son train-train de compromis.

Détail intéressant, à propos des spéculations qui surgissent de temps en temps, l’intérêt d’Ollila pour la politique a été révélé peu après l’annonce du transfert de pouvoirs chez Nokia. Sauli Niinistö, candidat des Conservateurs - principale formation de l’opposition – aux prochaines élections présidentielles en Finlande, a révélé dans son nouveau livre qu’il avait demandé à Ollila de se porter candidat aux précédentes présidentielles. Ollila, à l’époque, n’avait pas rejeté d’emblée l’idée d’une telle candidature et avait promis d’y réfléchir le temps de l’été. La réponse fut «non» et peut-être Ollila chassa-t-il alors de son esprit, définitivement, les fonctions politiques.

Pour un dirigeant de tout premier plan de l’envergure d’Ollila, la demande ne manque pas dans le monde des entreprises ; d’ailleurs il a déjà saisi d’une offre. Ollila va assumer la présidence du conseil d’administration du géant du pétrole anglo-néerlandais Royal Dutch Shell; sans aucun doute, un défi majeur en Europe ! Il prendra cette fonction au début de juin de l’année prochaine. En terme de chiffre d’affaires, Royal Dutch Shell est la quatrième entreprise mondiale, précédée seulement par Wal-Mart, BP et Exxon.

Les Finlandais ont accédé à des positions éminentes au sein d’organisations internationales, en Formule Un ou encore comme chefs d’orchestre ; mais dans le monde des affaires, jamais encore une fonction comparable à la présidence du conseil d’administration de la Royal Dutch Shell n’avait été accordée à un Finlandais.

Ollila reste président
à temps partiel


Ollila ne touchera plus, l’année prochaine, un salaire à plein temps chez Nokia ; mais il n’en quittera pas pour autant le Groupe dont il assumera, à temps partiel, la présidence du conseil d’administration. Une fonction qu’il a exercée à plein temps, depuis 1999. Courant aux Etats-Unis, un tel plein temps est rare en Europe, surtout en Finlande.

Les défis qui attendent Olli-Pekka Kallasvuo sont tout autres que ceux auxquels Jorma Ollila était confronté lorsqu’il prit la direction de Nokia, en 1992. La présidence d’Ollila a été marquée par un bouleversement sans précédent des télécommunications ; porté par ce phénomène, l’usage des téléphones mobiles a été multiplié par 200. La tâche qui attend Kallasvuo, pour maintenir Nokia sur sa lancée sous le signe de l’expansion, n’est pas mince; le chiffre d’affaires du Groupe a, en effet, reculé durant les trois dernières années.

Par chance pour Kallasvuo et pour Nokia, le nombre des utilisateurs de téléphones mobiles continue de croître. Durant les 5 à 10 prochaines années, ce nombre passera de deux milliards à trois milliards. Le marché a donc pris de l’extension; le nombre des téléphones mobiles vendus par Nokia a augmenté et continue d’augmenter. Toutefois, dans le même temps, le prix moyen des téléphones mobiles a cependant baissé, entamant le chiffre d’affaires de Nokia et ses marges. La tâche qui attend Kallasvuo n’est pas mince s’il entend rétablir les marges de bénéfice d’exploitation des années passées, lesquelles dépassaient 20 pour cent.

Fait encourageant, Nokia a connu, dans l’ensemble, une bonne réussite face au changement survenu au cours des dernières années sur les marchés des téléphones mobiles. Nokia a réussi à lancer sur les marchés ses terminaux portables, plus coûteux, et le Groupe s’est adjugé des marchés avec ses modèles à bas prix. La part de marché détenue par Nokia varie légèrement, selon l’institut d’études consulté, autour de 35%. En Amérique du Nord, par exemple, Nokia a reculé sur ses positions en 2005.

Kallasvuo - dernier restant
du Dream Team


Jorma Ollila fut l’initiateur de l’expansion de Nokia en 1992; à cette époque, les membres du groupe directeur dit Dream Team étaient Matti Alahuhta, Pekka Ala-Pietilä, Sari Baldauf et Kallasvuo. Tous étaient des Finlandais, issus de conditions modestes, et plus ou moins dans la quarantaine. Tous sont aujourd’hui multimillionnaires, grâce aux revenus sur les options. Vers le début de l’année, Sari Baldauf a quitté Nokia ; désormais, elle exerce principalement son influence comme administrateure professionnelle. Alahuhta est passé du siège social de Nokia, domicilié à Espoo (Finlande) au dernier étage de la tour voisine, en verre, pour devenir directeur gérant de Koné, fabricant d’ascenseurs et d’escaliers roulants. Ala-Pietilä quittant à son tour Nokia, Kallasvuo est le dernier de l’équipe originale.

Kallasvuo a débuté sa carrière chez Nokia au Département financier, où il entra en 1980, venant du monde de la banque. Nokia fabriquait alors des câbles, du papier, des bottes en caoutchouc et de l’électronique – bref, une sorte de grand magasin!

Loin de resté figé, le nez dans les chiffres, en vrai membre de la famille Nokia, il a assumé successivement divers postes de direction dans la maison. De Chief Financial Officer, Kallasvuo est devenu directeur responsable pour le marché américain de Nokia au Texas, d’où il prendra les commandes de toute l’unité Téléphones mobiles, en automne 2003. Les collègues de Kallasvuo au sein du directoire actuel de Nokia ne sont pas des Finlandais de son âge mais une équipe très internationale qui présente la composition suivante : l’Australien Simon Beresford-Wylie, Directeur des activités Networks, le Norvégien Hallstein Moerk, Directeur du personnel, l’Américain Richard A. Simonson, Directeur financier, ainsi que Mary T. MacDowell, américaine tout comme Simonson.

Au lendemain du transfert de pouvoir, les spéculations sur l’avenir de Nokia sont allées bon train dans les médias internationaux. Nokia a été associé tantôt à Cisco, fabricant de routeurs, tantôt à Apple, producteur d’iPod. Si l’on se penche sur l’histoire de Nokia, de telles alternatives semblent improbables. Nokia a puisé dans ses propres ressources le secret de sa réussite, sans procéder au moindre rachat significatif d’entreprise. En majorité, les analystes ont également rejeté l’idée d’éventuelles fusions avec d’autres grands acteurs technologiques.

L’indépendance de Nokia est par ailleurs garantie grâce à 10 milliards d’euros en fonds de caisse, grâce auxquels le Groupe et Kallasvuo pourront supporter, le cas échéant, le choc d’échecs commerciaux même s’ils devaient être majeurs importants. On se souviendra, par ailleurs, que les Finlandais restent majoritaires au Directoire de Nokia ; en plus des membres déjà mentionnés, celui-ci compte également dans ses rangs Anssi Vanjoki, Pertti Korhonen, Tero Ojanperä, Yrjö Neuvo et Veli Sundbäck. Neuvo, le vieux scientifique, prend sa retraite ; en septembre 2005, deux nouveaux membres ont été élus au Directoire. Il s’agit de Kai Öistämö, 40 ans, à la tête de la division Téléphones mobiles qui hérite du poste de Kallasvuo, ainsi que Robert Andersson, 44 ans, qui prend la tête de l’unité Customer and Market Operations.

En Finlande, plusieurs grandes figures des milieux d’affaires sont soit issus de familles de l’industrie soit des descendants de familles qui ont connu la réussite. Chez Nokia, ce ne sont pas les antécédents familiaux qui ont ouvert la voie donnant accès au directoire. La seule exception est Robert Andersson, dont le père, Edward Andersson, est une personnalité influente et professeur de droit. Andersson senior fut administrateur de Nokia de 1973 à 2000.

Nokia, pas plus que Kallasvuo, n’ont donné le moindre indice d’un éventuel changement de domicile du siège social du Groupe, signifiant qu’il pourrait quitter Espoo pour s’installer ailleurs. Kallasvuo lui-même réside à Helsinki avec sa compagne Ursula Ranin. Celle-ci, qui a dirigé avec succès les affaires juridiques de Nokia, quitte le Groupe ce qui lui évitera d’y devenir une subordonnée de Kallasvuo.

Originaire de Lavia, une petite localité de l’Ouest de la Finlande, le nouveau directeur-gérant de Nokia est fils de pharmacien. Diplômé en droit de l’Université d’Helsinki, il a également acquis un grade de magistrat en Finlande. Il partage ses loisirs entre le terrain de golf ou le court de tennis, en hiver sur les pentes de ski. Autre sujet d’intérêt: l’histoire politique.

Olli-Pekka Kallasvuo – appelé plus familièrement « OP »- n’est pas, à la manière d’Ollila, une personnalité en vue qui prend part aux débats ni un acteur de la vie publique. Kallasvuo est plutôt un acteur silencieux, plus porté sur la réflexion.

Kallasvuo n’en a pas moins occupé une fonction importante au sein de la société financière Sampo, dont il préside le conseil d’administration ; il y est aussi le supérieur hiérarchique de Björn Wahlroos, qui est peut-être la personnalité la plus colorée de la finance en Finlande. La réussite de Sampo a débuté en 2001, date à laquelle Wahlroos est devenu directeur du Groupe et Kallasvuo président de son conseil d’administration.

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Mise à jour 19/09/2005


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