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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Halonen contre les autres - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

REPRÉSENTATION PERMANENTE DE LA FINLANDE
AUPRÈS DU CONSEIL DE L'EUROPE, Strasbourg


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Actualités, 19/09/2005

Halonen contre les autres

Si la Finlande élisait maintenant le président la République, la présidente en exercice Tarja Halonen l’emporterait. La popularité de Madame Halonen tiendra-t-elle jusqu’à l’élection prévue en janvier prochain pour être réélue dès le premier tour? C’est la question que pose Kyösti Karvonen, chef de rédaction au journal Kaleva.

Les candidats à la prochaine élection présidentielle commencent à être prêts comme les coureurs dans leurs starting-blocks. Le signal « À vos marques » a été donné, quant au « Prêt » il éclatera après l’accalmie de l’été. Le signal du départ sera donné en octobre-novembre prochain. L’arrivée est fixée au 15 janvier prochain, premier tour de l’élection ou, au plus tard, le 29 janvier s’il y a un second tour.

Une phase d’attente de plusieurs mois s’est écoulée que les principaux candidats se déclarent. Le tableau s’est révélé à la fin du mois de mars; Sauli Niinistö, directeur adjoint de la Banque européenne d’investissement à Luxembourg, a annoncé qu’il était prêt à être le candidat du Parti de Rassemblement (Conservateur), principal parti de l’opposition, à l’élection présidentielle.

Celui qui fut longtemps Ministre des Finances et président des Conservateurs a ainsi pris la décision contraire de celle qu’il avait annoncée en 1999, à la surprise générale, de ne pas se présenter à la présidentielle. Niinistö, qui avait alors gravement déçu son parti, a annoncé cette fois qu’il se présente « très sérieusement et qu’il est motivé ». Si l’ancien chef de file de son parti avait refusé cet honneur une deuxième fois, les Conservateurs auraient été à nouveau confrontés à un difficile problème de candidature.

Autre candidat majeur, le président du Parti du Centre Matti Vanhanen, Premier Ministre en exercice. Son annonce de se présenter était d’avance considérée comme acquise avec plus de certitude que celle de Niinistö. La crise de ménage qu’il connaissait au même moment n’a pas même entamé la décision du Premier Ministre. En terme de candidature, le Parti du Centre aurait, lui aussi, été gravement embarrassé si Vanhanen avait refusé.

« L’expérience (l’annonce de sa séparation de corps avait défrayé la chronique) a renforcé ma décision de faire acte de candidature et ma volonté de m’engager dans la bataille », a déclaré Vanhanen en annonçant, à la mi-avril, qu’il se présente.

Troisième et dernier candidat majeur, l’actuelle présidente de la République Tarja Halonen qui a tout autant confirmé qu’elle se représente comme candidate des Sociaux-Démocrates à l’élection présidentielle. Madame Halonen a annoncé sa décision le 19 mai, dans des propos sobres: j’ai répondu favorablement à la demande des dirigeants du SDP de me présenter à l’élection présidentielle de 2006. »

Dès l’automne dernier, Madame Halonen avait annoncé qu’elle avait pris sa décision ; mais elle n’en a révélé que maintenant la teneur. Si Madame Halonen avait renoncé, le candidat le plus probable du SDP aurait été le président de la Chambre Paavo Lipponen, qui vient de renoncer à la présidence de son parti.

Les taux de participation électorale aux diverses consultations ont également été en baisse en Finlande. Le Président de la République étant élu au suffrage universel direct et la question étant un choix de personne, l’élection présidentielle est, dans la culture politique finlandaise, l’événement démocratique le plus captivant de tous. Au second tour de l’élection de 2000, par exemple, quatre électeurs sur cinq se sont rendus aux urnes. La participation avait été presque aussi élevée six ans plus tôt.

Malgré la diminution du pouvoir présidentiel résultant des réformes de la Constitution, la fonction de chef de l’État reste considérée comme la plus prestigieuse de la République. Le Président de la République conserve un pouvoir important, surtout dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité; mais, en politique intérieure et au chapitre de la politique communautaire, la fonction de Premier Ministre précède désormais celle de Chef de l’État. Le Président de la République est le chef suprême des Forces de Défense et il possède aussi un vaste pouvoir de nomination. Le Président décide aussi notamment des amnisties.

Sa haute fonction donne au Président de la République un rôle potentiel important de principal faiseur d’opinion. L’exercice de ce pouvoir, non défini dans la Constitution, dépend essentiellement des capacités personnelles du Président.

Y aura-t-il un ou deux tours de scrutin ?

En démocratie, mieux vaut généralement ne pas publier les résultats avant les élections et avant le dépouillement du scrutin. Si les élections avaient lieu maintenant et s’il fallait s’en remettre aux sondages, la Présidente Halonen serait probablement réélue dès le premier tour.

En Finlande, le Président de la République est élu au suffrage universel direct depuis 1994. À chaque fois, jusqu’à présent, les deux tours ont été nécessaires. En 1994, Martti Ahtisaari et Elisabeth Rehn, deux personnalités connues sur la scène internationale qui étaient en lice au second tour, ont respectivement obtenu 53,9% et 46,1% des voix. En 2000, Madame Halonen s’adjugeait, au second tour, 51,6% des suffrages, contre son rival Esko Aho, ancien Premier Ministre, qui recueillait 48,4% des voix.

Dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, la répartition des suffrages exprimés au premier tour de l’élection de 2001 offre un point de comparaison intéressant. Madame Halonen avait alors obtenu exactement 40% et Aho 35% des voix. Au second tour, le gain de voix de la première fut donc inférieur à celui de son rival. En 1994, Ahtisaari n’obtint qu’à peine 26% des voix au premier tour ; par conséquent, son gain de voix au second tour fut nettement supérieur à celui obtenu par Madame Halonen six ans plus tard. Cette situation s’expliquait en partie par le fait qu’Elisabeth Rehn était la première femme à être allée aussi loin dans une élection présidentielle en Finlande. En outre, Madame Rehn était la candidate de la minorité suédophone du pays.

Toutefois, les sondages indiquent aussi que les taux de popularité de Madame Halonen, historiquement élevés, ont commencé à baisser au fur et à mesure que se rapproche l’échéance électorale et que les candidatures sont annoncées. Lors d’un scrutin qui porte plus sur le choix de personnes, l’appartenance politique du candidat pèse moins que les autres considérations. Plus le parti est grand et plus ses militants votent pour son candidat à la présidence de la République.

Selon un sondage de la Radiotélévision finlandaise (Yleisradio) publié à la mi-mai, Madame Halonen aurait recueilli, au moment du sondage, 53% des intentions de vote, ce qui aurait largement suffit à l’élire au premier tour. Dans le même sondage Vanhanen et Niinistö recueillaient respectivement 20% d’intentions de vote. Le score réalisé par le premier est inférieur de quelques points au taux de popularité habituel de son parti, tandis que celui attribué à Niinistö est plus proche du taux de popularité moyen de son parti.

Le SDP, parti dont Madame Halonen est issue, fait généralement un résultat de l’ordre de 25% aux élections. En pratique, il est clair, dès à présent, que la Présidente sortante fera, au premier tour, un score considérablement supérieur à celui habituellement obtenu par les Sociaux-Démocrates. Le grand suspense du scrutin inaugural est de savoir si Madame Halonen franchira alors ou non la barre de cinquante pour cent.

Niinistö ou Vanhanen

Le combat politique le plus rude et le plus intéressant aura lieu derrière Madame Halonen, entre Niinistö et Vanhanen. Ces deux candidats partent de situations très différentes. Niinistö a passé quelques années à Luxembourg, à l’écart de la vie politique quotidienne, qui use. Mais en même temps, il n’était pas sous les feux de la rampe de la vie publique, alors que cette publicité est importante pour une personnalité politique.

Candidat du plus grand parti de l’opposition, Niinistö fait figure d’outsider de la course à la présidence. Son rôle lui permet de mener la plus longue bataille électorale de tous les candidats, même si ses fonctions à Luxembourg imposent aussi des restrictions.

Dans les sondages, le Premier Ministre Vanhanen est plus populaire qu’aucun de ses premiers prédécesseurs à ce poste, un peu comme Madame Halonen en tant que Présidente de la République. Le Premier Ministre étant le principal acteur de la politique intérieure finlandaise et de la politique communautaire, il a automatiquement la publicité sur les talons. Et donc il fait déjà campagne en exerçant ses fonctions.

Vanhanen saura-t-il défier Madame Halonen sans que la coopération entre la Présidente de la République et le Premier Ministre dans la conduite de la politique étrangère et de sécurité s’en ressente? Tout est là : ce facteur sera décisif pour la réussite électorale de l’actuel Premier Ministre. La Constitution énonce que le Président de la République dirige la politique étrangère et de sécurité « en collaboration avec le Conseil des Ministres». Madame Halonen comme Vanhanen assurent que cette coopération se poursuivra sans heurts, même sur fond de bataille électorale. Une coopération facilitée par le fait que la campagne proprement dite est réduite à quelques mois.

À qui les autres candidats vont-ils grignoter des voix ?

Les petits partis présentent apparemment quatre candidats à l’élection présidentielle. Aucun d’entre eux n’a de réelles possibilités de recueillir plus de quelques points au maximum. Parmi les formations actuellement dans l’opposition, les Verts, les Finlandais de base et probablement les Chrétiens-Démocrates alignent chacun un candidat. Pour la seconde fois consécutive, la candidate des Verts sera Heidi Hautala, députée et ancienne députée européenne; le candidat des finlandais de base sera Timo Soini, chef de file de son parti. Les Chrétiens-démocrates présentent, pour leur part, Bjarne Kallis.

Cette fois encore, l’Alliance de Gauche ne présentera pas de candidat; cette formation de l’opposition se range derrière la candidature de Madame Halonen. La popularité de cette dernière, au sein de l’Alliance de Gauche, est au moins de l’ordre de celle qu’elle recueille dans les rangs du SDP. Parmi les partis de la coalition gouvernementale, le Parti populaire suédois
(RKP) a longtemps hésité avant de décider de présenter son propre candidat. Ce sera le député européen Henri Lax.

Pour les candidats des petits partis, l’élection présidentielle n’en a pas moins de l’importance. Les possibilités de Madame Halonen d’être élue dès le premier tour dépendront, de manière décisive, des voix que leurs candidats grignoteront aux principaux candidats, essentiellement à la Présidente sortante. Les petits partis sont tout autant préoccupés par les frais de campagne élevés du fait de présenter leurs propres candidats ; d’un autre côté, présenter des candidats leur permet, avec la campagne électorale, de se profiler et d’être sur le devant de la scène.


Le calendrier qui s’annonce à partir de l’automne

29 octobre : le Congrès extraordinaire du Parti du Centre présentera son chef de file, l’actuel Premier Ministre Matti Vanhanen, comme candidat à l’élection présidentielle.

12 novembre : le Congrès extraordinaire du Parti de Rassemblement national (Consrvaeteurs) présentera Sauli Niinistö comme candidat à l’élection présidentielle.

18-19 novembre: l’Assemblée des délégués du SDP présentera Tarja Halonen comme candidate à l’élection présidentielle.

7 décembre : date de clôture des candidatures.

4-5 et 7-10 janvier : vote par correspondance pour le premier tour de l’élection présidentielle.

15 janvier : premier tour de l’élection présidentielle. Si un des candidats recueille plus de cinquante pour cent des suffrages exprimés, il n’y aura pas de second tour.

18 au 24 janvier : vote par correspondance, en cas d’éventuel second tour.

29 janvier : éventuel second tour de l’élection présidentielle.

1er mars : entrée en fonction du Président de la République.

Juin 2005
Article signé
Kyösti Karvonen
Kaleva

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Mise à jour 19/09/2005


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