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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

Heinäluoma entre en scène - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

REPRÉSENTATION PERMANENTE DE LA FINLANDE
AUPRÈS DU CONSEIL DE L'EUROPE, Strasbourg


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Actualités, 22/09/2005

Heinäluoma entre en scène

Les chefs de parti jouent un rôle visible dans la politique intérieure finlandaise. Ce constat vaut tout particulièrement pour le plus grand parti de ces dernières décennies, à savoir le Parti social-Démocrate (SDP). Eero Heinäluoma, qui est à la tête de celui-ci depuis quelques moi,s s’est donné le temps d’avoir les rênes bien en main, écrit Kyösti Karvonen, chef de rédaction au journal Kaleva.

Rarement, en Finlande, un chef de parti politique aura bénéficié, au moment de s’atteler à la tâche, de circonstances aussi avantageuses qu’Eero Heinäluoma, élu à la tête du SDP en juin dernier.

Responsable, auparavant, de l’appareil du parti et de l’action auprès des militants en qualité de secrétaire du parti, Heinäluoma, qui est âgé de 50 ans, était le favori incontesté tant des militants que des médias pour prendre la tête du SDP. Une vingtaine d’années de service au sein du mouvement syndical, avant de devenir secrétaire général, c’était la garantie de pouvoir compter sur l’aide de ce bastion important pour les Sociaux-Démocrates.

La liste des circonstances avantageuses ne s’arrête pas là. Avant son investiture à la tête du SDP, Heinäluoma était considéré comme faisant partie des principaux lobbyistes et des personnalités influentes en Finlande; ses aptitudes médiatiques étaient jugées d’une supériorité criante par rapport à ses concurrents politiques. Pour couronner le tout, le congrès du parti réuni à Jyväskylä l’a élu dès le premier tour, à une claire majorité des voix, pour succéder à Lipponen.

Finie la lune de miel

Malgré ces circonstances avantageuses, Heinäluoma a pris son temps – beaucoup, même, peut-on s’étonner – avant d’occuper pleinement sa place à la tête du parti et dans les rangs de la coalition gouvernementale de trois partis, conduite par le Centre. Avant lui, Paavo Lipponen, l’actuel président de la Chambre, domina la scène politique intérieure de la Finlande de manière souveraine, pendant de longues années. Il faudra plusieurs années à Heinäluoma pour acquérir la pointure de son prédécesseur.

Le nouveau chef de file du SDP est resté longtemps invisible. Explication: durant l’été la politique intérieure finlandaise ne bouge pas d’un poil et la classe politique prend ses vacances comme tout le monde en Finlande, au chalet d’été, et participe aux événements de la saison estivale. De même, tout dirigeant a besoin d’un certain temps d’échauffement pour se familiariser avec ses nouvelles fonctions. Mais au seuil de l’automne, finie la lune de miel! C’est avec une certaine impatience déjà, surtout dans les rangs même de son parti, que l’on attendait l’entrée en scène de Heinäluoma.

Au cours des dernières décennies écoulées, à l’exception de quelques courtes interruptions, le SDP a été la plus importante formation politique de la Finlande. Le président de ce parti a toujours eu un rôle très visible, déterminant même, dans la vie politique du pays, en politique intérieure comme en politique étrangère. Parmi eux, Kalevi Sorsa dans les années 1970 et 1980, puis Lipponen, de 1995 à 2003, ont été au-dessus du lot. En cas de victoire du SDP aux prochaines législatives, Heinäluoma serait le Premier Ministre de plein droit.

Le démarrage plutôt lent de Heinäluoma a bientôt été remarqué dans les sondages. Dans une enquête réalisée par le journal Kaleva, où la popularité des chefs de parti était appréciée en leur attribuant des notes de 0 à 10 (comme dans la notation scolaire), Heinäluoma n’arrivait qu’en quatrième position, avec 6,6. Alors qu’il était secrétaire de son parti, Heinäluoma avait obtenu de meilleures notes que celle qui lui est attribuée, cette fois, comme chef de parti.

Invisible, le nouveau chef de file du SDP l’a également été parce qu’il n’est pas entré immédiatement au gouvernement formé par le Centre, le SDP et le parti populaire suédois (RKP). Comme Lipponen, le prédécesseur de Heinäluoma, n’était pas entré au gouvernement conduit par le chef de file du Centre, au lendemain des élections parlementaires de 2003, le chef du SDP ne siègera personnellement au gouvernement que pendant moins de la moitié de la législature (dont la durée est de quatre ans), avant l’échéance des législatives de 2007.

Frémissement politique

Après un début plutôt morne, Heinäluoma se devait d’agir. Tout s’est alors passé brusquement. Le jeudi 8 septembre, Heinäluoma a procédé à une rapide opération, en prenant la place qui revient de droit au chef de file du parti dans le gouvernement de coalition des trois partis, et en remaniant d’une poigne solide le groupe ministériel du SDP. Heinäluoma a provoqué la rotation de plusieurs ministres de son parti qui changent de portefeuille. Deux autres ministres du parti, qui possédaient une longue expérience gouvernementale, ont été purement et simplement remerciés.

Heinäluoma s’est adjugé le portefeuille le plus important accordé au groupe des ministres sociaux-démocrates, c’est à dire le portefeuille des Finances. Par la même occasion, il devient vice-premier ministre du gouvernement conduit par Matti Vanhanen. Le ministre des Finances sortant, Antti Kalliomäki, ancienne célébrité mondiale du saut à la perche, devient ministre de l’Éducation. Kalliomäki, qui ne s’était pas mis sur les rangs de la course à la présidence du SDP, avait dès le départ, apporté son soutien à Heinäluoma. Cette loyauté politique vient d’être récompensée.

Heinäluoma se devait de devenir ministre, sinon la crédibilité politique du gouvernement centre-gauche aurait essuyé un sérieux choc et sa position à la tête du SDP serait restée vague, plus durablement. Principale formation de la coalition gouvernementale, le Centre n’aurait pas apprécié que Heinäluoma reste en dehors du gouvernement, dans une sorte de semi-opposition. En outre, la Finlande assumera la présidence tournante de l’Union européenne, durant le second semestre de 2006; le gouvernement le plus solide possible sur le plan politique sera nécessaire pour assurer la réussite de cette présidence.

La lenteur du calendrier des échanges de portefeuilles résultait aussi du fait que le budget de l’État de l’année prochaine devait être pratiquement ficelé au mois d’août, lors des négociations budgétaires au sein du gouvernement. Le maintien de Kalliomäki au portefeuille des Finances jusqu’à la fin septembre signifiait qu’il aurait le temps de préparer le budget et d’en saisir la Chambre.

Attendue, l’entrée en scène de Heinäluoma avait été précédée, il est vrai, d’un frémissement politique. Lors des négociations budgétaires, plusieurs ministres du gouvernement avaient – comme de coutume - affiché leur profil politique et fait parler d’eux à l’occasion d’un furieux débat public, cette fois sur les allocations au secteur routier dans les prochaines années. Le différend conduisit aussi, en août, à un échange de mots crus entre Vanhanen et Heinäluoma.

La coopération entre Vanhanen et Kalliomäki au gouvernement s’est bien passée. On attend avec intérêt de voir comment cette coopération entre les chefs de file des deux principales formations politiques au gouvernement va se dérouler. Vanhanen et Heinäluoma s’affronteront probablement lors de la campagne qui précédera les législatives en 2007. L’enjeu principal: le poste de Premier Ministre du prochain gouvernement.

La première altercation entre les deux hommes vint de l’injonction faite par Heinäluoma au Premier Ministre: rassembler les rangs du gouvernement de telle sorte que tous les ministres se déclarent en faveur des décisions prises lors des négociations budgétaires. Vanhanen, qui s’emporte rarement, a répliqué: ”En toute amitié, je ne prends pas de conseils quant à la manière dont les ministres centristes ou le groupe parlementaire du Centre doivent être dirigés.” Et Vanhanen de déclarer que les ministres sociaux-démocrates eux-mêmes étaient responsables de la confusion relative aux allocations au secteur routier. Heinäluoma dit avoir indiqué TOUS les ministres, y compris les sociaux-démocrates, et pas seulement les ministres centristes.

Se rapprocher un tout petit peu plus du citoyen

Depuis qu’il assume la présidence de son parti, Heinäluoma a pris soin de rester très général, en ne prenant fermement position sur rien. Soucieux de préserver son avance sur ses concurrents, Heinäluoma avait adopté cette ligne de conduite dès sa campagne pour la présidence de son parti. Il avait alors indiqué sa volonté de ”rapprocher le SDP un petit peu plus du citoyen”. Ce slogan avait provoqué une grande hilarité dans l’opinion, tant il était creux. Il s’inspire sans aucun doute des mots, restés fameux, de Rafael Paasio (élu à la tête du SDP dans les années 1960), lequel avait déclarait avoir conduit son parti ”un tout petit peu plus à gauche”.

Heinäluoma diffère de son prédécesseur Lipponen sur plusieurs plans. Au physique, Heinäluoma qui mesure plus d’un mètre quatre-vingt dix, est encore plus grand que Lipponen, pourtant de bonne taille, lui aussi. Les Centristes ne manquent pas de rappeler que le Premier Ministre Vanhanen l’emporte quand même d’un demi-centimètre sur Heinäluoma. Lipponen suivait une ligne pragmatique, considérée comme une social-démocratie de droite. Une orientation qui, à long terme, ne plut ni à l’électorat traditionnel du SDP ni au mouvement syndical. On peut interpréter les discours prudents de Heinäluoma de la manière suivante: sous son mandat, la social-démocratie de son parti sera plus traditionnelle. Ce qui risque d’être difficile à concilier avec les fonctions du ministre des Finances! La principale tâche de ce dernier est en effet de veiller à la bonne santé des finances de l’État – c’est à dire d’être avare des deniers de l’État.

Comparé à Lipponen, Heinäluoma possède très peu d’expérience internationale. S’il a son baccalauréat, ses connaissances linguistiques sont pour l’instant modestes. Élu député aux dernières législatives, Heinäluoma a suivi des cours d’anglais ces deux derniers étés. Père de trois enfants, il est originaire de Kokkola, ville située sur la côte occidentale de la Finlande.

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Mise à jour 22/09/2005


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