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Ministère des Affaires Etrangères de Finlande

L’économie finlandaise a du « punch » - Représentation Permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe, Strasbourg : Actualités : Actualités

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Actualités, 15/11/2005

L’économie finlandaise a du « punch »

Les instituts de pronostique estiment que le taux de croissance économique de la Finlande atteindra quatre pour cent l’an prochain. Si les pronostiques se confirment, le gain du P.i.b. y sera deux fois supérieur à celui de la zone euro. L’économie finlandaise, jugée la plus compétitive du monde selon une enquête du World Economic Forum, se porte donc bien

Le grand mérite du bon état de santé de l’économie revient aux consommateurs finlandais. L’évolution généralement favorable du revenu ainsi que le taux d’intérêt bas ont favorisé la consommation privée. Le désir d’achat des citoyens a joué un rôle particulièrement significatif, dès l’entame du millénaire, alors que l’effondrement du commerce mondial affectait l’industrie exportatrice finlandaise.

Rien n’indique, pour l’instant, que les Finlandais commencent à se montrer moins enclins à ouvrir leur portefeuille. Les sondages indiquent que les ménages restent confiants dans l’avenir, malgré la flambée des prix du pétrole et les diverses menaces qui pèsent dans le monde. La constance de la croissance de la consommation privée continuera de profiter à l’essor économique de la Finlande.

La reprise du commerce mondial, en situation difficile au tournant du millénaire, a été une bonne nouvelle pour le commerce extérieur. L’an dernier, les exportations finlandaises ont progressé de près de six pour cent; malgré le ralentissement de la croissance, les exportations durant le premier semestre de l’année en cours ont été supérieures aux attentes. Le conflit social qui a affecté l’industrie papetière au début de l’été a sensiblement grevé le commerce extérieur; toutefois, selon les pronostiques, les exportations devraient s’accélérer l’année prochaine.

”Comparé à la croissance, plutôt modeste, constatée dans la zone Euro, le taux de croissance d’environ trois pour cent, qui perdure en Finlande depuis plusieurs années, est un bon résultat”, constatait le Gouverneur de la Banque de Finlande, Erkki Liikanen dans sa présentation du rapport de conjoncture de la banque centrale, au début du mois d’octobre.

Si la croissance économique a été favorable, le mérite en revient aussi à la politique économique du pays. La Finlande est un des rares pays, en Europe, où le secteur public est resté excédentaire au cours des dernières années. La gestion rigoureuse a également été remarquée sur les marchés financiers: le taux des obligations a baissé et se situe deux points plus bas que les taux équivalents en Allemagne. Sur un ton badin : les marchés estiment qu’une faillite de l’État allemand est plus vraisemblable qu’une faillite de l’État finlandais.

Il y a quelques années, il aurait été impossible d’imaginer que l’État finlandais obtient de l’argent à des conditions plus avantageuses que l’Allemagne. Ce pays n’était-il pas considéré, en effet, comme le repère des marchés obligataires européens, le pays où le taux d’intérêt donne le ton pour fixer les prix des obligations de l’État dans les autres pays.

Une réussite en partie illusoire

L’excès de satisfaction sied mal au caractère des Finlandais, qui sont un peuple chez lequel le mode mineur domine. Dans toute l’histoire de leur musique populaire, les morceaux à succès n’ont pas été joués sur le mode majeur mais en mineur. Les ensembles finlandais comme Nightwish et HIM montent vêtus de noir et aux accents de la heavy music – c’est vrai qu’ils montent aussi dans les hit-parade.

Quant on parle du succès de l’économie finlandise, il est facile d’évoquer des considérations moins flatteuses. À commencer par l’annonce que la croissance atteindra quatre pour cent l’an prochain, selon les pronostiques, ce qui est en partie illusoire.

Le conflit social qui, aux abords de l’été dernier, a stoppé la production et les exportations papetières fera perdre un point à la croissance économique de l’année en cours. L’an prochain, la croissance dégagera un excédent du même ordre, puisque les chiffres de comparaison resteront exceptionnellement bas. Si l’on fait la correction qui s’impose, la croissance économique ”réelle” diminuera d’environ trois pour cent. Un taux qui est lui aussi nettement supérieur au taux de croissance de la zone Euro et qui, sur le long terme, correspond à la tendance de la croissance en Finlande.

Les fluctuations dans quelques secteurs-clés affectent immanquablement les chiffres de la croissance d’une petite économie dépendante des exportations. La Finlande est dans ce cas. Le conflit social dans l’industrie papetière constitue un phénomène exceptionnel. Mais un autre moteur du commerce extérieur affecte plus durablement les chiffres de la croissance de l’économie finlandaise : il s’agit de l’industrie de la téléphonie mobile, qui s’est mise en place autour de Nokia.

Le succès mondial du secteur Nokia a donné des ailes à la croissance économique de la Finlande à la fin des années1990; mais, à l’heure actuelle, les économistes peinent à évaluer comment les fluctuations de production de Nokia d’un pays à l’autre se répercutent sur l’évolution de l’économie nationale. Le secteur Nokia représente sept pour cent du P.i.b. de la Finlande; toutefois, ses vigoureuses fluctuations font tanguer, parfois de manière significative, l’économie du pays. On a pu le constater en 2001-2002 : en quelques mois, la production de la téléphonie mobile a grimpé et chuté de plusieurs dizaines de points, ce qui s’est répercuté sur le P.i.b., sous la forme de variations comprises entre 1,5 et 2,5%.

Nokia imprimera-t-il, l’an prochain, une nouvelle impulsion en faveur de la croissance économique ou au contraire freinera-t-elle celle-ci ? Il est tout aussi difficile de faire un pronostique à ce sujet que de dire comment évoluera, à la bourse, l’action du géant de la téléphonie mobile. Une chose, cependant, semble plutôt sûre : les fluctuations de production, chez Nokia, ne changeront pas le contexte favorable de l’évolution de l’économie, même si leurs conséquences devaient s’avérer négatives.

À plus long terme, si l’on s’interroge sur l’avenir de l’économie finlandaise, la boule de cristal deviendra de plus en plus opaque et difficile à lire. L’investissement, resté maussade, est une source d’incertitude. Les économistes lancent cette mise en garde: le peu d’enthousiasme à investir dans la rénovation de l’appareil de production ralentit la hausse de la productivité et entame la marge de croissance de l’économe. Le maintien des vieilles structures aura des conséquences fâcheuses sur les marchés d’exportation, où la concurrence est rude.

Lorsqu’un Finlandais dédramatise la réussite ou lorsqu’il avance ses pronostiques, il pense probablement dire vrai. Les Finlandais s’honorent d’être un peuple honnête. Selon une récente édition de la revue The Economist, la Finlande occupait la deuxième place au classement de l’enquête « Transparency international ». Dans cette enquête portant sur 158 pays, le Tchad était la lanterne rouge, la palme revenant à l’Islande.

Eljas Repo et Tommi Melender

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Mise à jour 15/11/2005


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